Mon travail au lycée

books-683897_1920Les enseignants japonais ont la réputation d’être des personnes très occupées (comme tout bon travailleur japonais qui se respecte) et il ne s’agit pas d’une légende urbaine : comme je le décrivais dans cet article, ils doivent, en plus de leurs cours, s’occuper de l’éducation morale de leurs jeunes ouailles ainsi que des clubs sportifs avant/après les cours et pendant le weekend. Il ne s’agit donc pas d’un métier facile (mais quel métier l’est ?).

 

Je suis une “jeune” enseignante et par conséquent j’ai beaucoup moins de responsabilités que mes senpai (aînés). Je dirais aussi que je suis bien tombée puisque comme je le disais dans un précédent « Quoi de neuf ? », mon nouveau collègue japonais s’est retrouvé avec pas mal de travail administratif du aux responsabilités qu’il a demandé à avoir (et non, ce n’est pas un lèche-cul, c’est vraiment pas le style). Les enseignants Japonais ont le sens du devoir, chose qu’il va surement me falloir apprendre, mais pour l’instant je me contente de faire mon travail et d’aider lorsqu’on me le demande. Et rien qu’avec mon travail personnel, je me suis sentie bien occupée durant le premier mois. Maintenant, comme je vous le disais, j’ai bien pris le rythme donc j’ai beaucoup plus de temps libre, ce qui est très agréable.

 

Lorsque je dis que je n’ai pas de responsabilités, ce n’est pas entièrement vrai : pour tout vous dire, je suis le vice-big boss des 3eme année. Mais comme disait Nagisa : “De toute façon les vice capitaines n’ont pas de vraies responsabilités”. (Ce à quoi Makoto a répondu quelque chose comme “Tu viens d’insulter tous les vice capitaines de la Terre”) Et Nagisa a plutôt raison dans mon cas. Je fais aussi partie de l’équipe “affaires générales” (soumu) qui gère le PTA (Parents Teachers Association) mais on me demande pour l’instant de faire l’accueil des parents lors des réunions. J’ai en plus une place au sein du projet pour les relations internationales (étudiants en échange etc.) et il m’est demandé de m’impliquer dans des projets concernant l’accueil des étudiants en échange au sein de notre lycée. Nous venons aussi d’être répartis dans de nouveaux groupes de travail qui concernent cette fois le renouvellement des cursus au sein de notre lycée et je fais partie du groupe qui s’occupe de la filière “cuisine” (chourika) de notre lycée. Mais tout ça ne représente pas vraiment de travail pour l’instant et à part ça, je n’ai pas vraiment d’autres responsabilités… Et qui dit “pas de responsabilités”, dit “pas de travail administratif”. Ah si, dernièrement on m’a demandé de participer à l’élaboration des comptes-rendus des examens pour une réunion : un fichier Excel à remplir. Pas de quoi fouetter un chat. En fait, ils sont très prévenants et, pour en avoir parlé avec eux, j’ai compris qu’ils prennent en considération le fait que je doive aussi m’adapter culturellement et psychologiquement à la façon de faire japonaise et font en sorte d’éviter de me charger de travail en conséquence.

 

Question emploi du temps, il faut savoir que je n’ai que 15 heures de cours par semaine. J’ai 4 classes d’un même niveau (première année) et une classe de troisième année. Cela ne me fait que 3 heures de cours par jour, maximum. Et comme je n’ai que deux niveaux, je n’ai que 2 types de cours à préparer (bon, j’adapte, bien sûr). Parfois, je n’ai qu’une heure et parfois aucun cours car les élèves sont occupés à droite et à gauche. Comme il faut habituellement rester au sein de l’établissement de 8h15 à 4h30, j’ai du temps pour préparer mes cours en avance, ce qui fait que je ne travaille maintenant plus le weekend, ce qui n’était pas le cas avant. Mais quand je dis qu’il faut rester au sein de l’établissement, c’est en théorie, car les enseignants qui n’ont pas cours peuvent tout à fait aller vaquer à leurs occupations en ville pour aller par exemple à la banque ou régler toute affaire administrative qui ne peut être réglée qu’en journée (les banques et services administratifs ouvrent à 9-10h et ferment souvent à 4-5 h). Evidemment, on ne doit pas en abuser, mais les règles sont suffisamment souples pour permettre aux jeunes parents d’aller chercher leurs enfants à la nurserie si besoin est. Pour montrer à quel point le système est souple dans notre lycée, il n’y a rien de plus parlant que le ratio hommes-femmes qui est presque à 50-50% alors qu’une grande majorité des profs niveau lycée au Japon sont des hommes. Et plusieurs enseignantes de notre lycée continuent le travail avec 2 ou 3 enfants. D’ailleurs, notre vice-principale a continué son travail et est montée en grade jusqu’à son poste actuel en continuant à travailler avec ses 3 enfants.

 

Concernant les réunions, nous en avons une tous les matins à 8h15 pour partager les informations importantes. Tout se règle en 15 minutes. A cela s’ajoute la réunion de niveau (gakunenkai) une fois par semaine le lundi, de 4h40 à 5h, parfois 5h30. De temps en temps, nous avons aussi une réunion pour les profs de la matière (kyoukakai). Elle est normalement programmée le lundi à 10h, mais on ne la fait pas la plupart du temps car ce n’est pas nécessaire, les informations passant de façon naturelle entre tous les enseignants. La dernière fois qu’on en a fait une, c’était pour commenter les résultats des examens de mi-semestre. Cette réunion dure 1h maximum. A cela s’ajoute deux autres réunions : une pour les parents/professeurs (PTA), à peu près 1 fois tous les 2 mois en soirée, et une autre réunion plus générale qui concerne tous les enseignants, une fois par mois. Ca a l’air de faire beaucoup de réunions peut-être, mais c’est très supportable lorsqu’on peut sortir à 4h30 tous les autres jours. De plus, la plupart de ces réunions sont sur le temps de travail et à part la réunion pour l’association Parents-Professeurs obligatoirement en soirée, le reste des réunions nous fait rarement sortir après 5 heures.

 

On peut penser que vu que j’ai pas mal de temps pour préparer mes cours, je ne me presse pas pour les préparer à l’avance, mais c’est carrément le contraire. Je fais en sorte de toujours avoir au moins une semaine d’avance dans la préparation de mes cours, tout simplement parce que la plupart des Japonais ont une très mauvaise manie : celle de subitement vous confier un travail urgent à rendre dans la matinée ou parfois dans l’heure qui suit. Tout le monde travaille à la dernière minute alors que tout est organisé à l’avance. Je sais pas comment ils se débrouillent, mais ça ne rate jamais. Donc je prends mes précautions et je fais en sorte d’être toujours en avance au cas où.

 

Voilà pour une description générale de mon travail au lycée. Questions ? Impressions ?

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