Quoi de neuf ?, juillet 2016

lessonplanIl n’y avait rien de bien palpitant à raconter et comme je n’aime pas écrire juste histoire de remplir des pages de vide dans le but de mettre à jour mon blog eh bien je n’ai pas écrit de « Quoi de neuf ? » pour le mois dernier. Vous n’avez pas raté grand-chose, ne vous inquiétez pas.

 

Ce mois-ci, j’ai pris la plume le clavier pour faire un peu le point. En deux mois, les choses ont quand même évolué. Positivement. En tout cas, je suis bien contente d’avoir trouvé cet établissement qui me permet de faire ce que je voulais faire. La direction est ouverte aux changements et aux innovations et prend très à cœur le côté éducatif de sa mission. Elle n’œuvre pas juste pour remplir les salles de classe et prendre l’argent sans se soucier des élèves. Bien au contraire.

 

Je me suis faite à mes classes et surtout à préparer mes cours. Du coup, j’ai plus de temps libre et je peux donc écrire pour ce blog. Le premier mois a été assez fatiguant pour moi car je créais tous mes cours à partir de rien, étant donné que le niveau des élèves était trop faible pour aborder le contenu du manuel à enseigner. J’ai harcelé les élèves pendant ces quelques semaines pour les pousser à apprendre leurs cours : j’ai ramassé les cahiers presque tous les jours, les ai obligés à venir faire des examens oraux (one minute talk etc.), j’ai cherché à augmenter leur vocabulaire inexistant par des interro régulières etc. Ça m’a demandé beaucoup de boulot, mais pas mal d’élèves qui ne savaient pas un brin d’anglais en arrivant réussissent maintenant à quelque chose. Enfin, ça c’est pour les élèves qui s’en sont donné la peine. Certains ont complètement abandonné et ne font rien. Mais c’est général, pas seulement dans ma matière.

 

En fait, il faut savoir que notre lycée est du style lycée ZEP. Pas violent du tout, hein. Les élèves ne sont pas agressifs envers les enseignants, pas plus que leurs parents. Ils n’insultent pas non plus les enseignants. Au contraire, ils les respectent et ne refusent pas en bloc l’autorité des adultes comme on peut le voir dans pas mal d’écoles françaises. Mais les élèves viennent pour une partie de milieux sociaux généralement défavorisés, certains avec familles monoparentales etc. Ils détestent les études, n’ont pour pas mal d’entre eux connu que l’échec au collège et sont assez immatures, surtout en première année. Tout ceci d’un point de vue japonais bien évidemment…

 

Question niveau scolaire, Si vous voulez comparer, ce que les 2eme année de mon collège de l’année dernière faisaient avec aisance (écrire un texte en anglais avec introduction, corps et conclusion), les première année de mon lycée n’en ont jamais entendu parler. Beaucoup d’entre eux ne savaient pas non plus la différence entre un verbe et un nom, même en japonais. Récemment je leur ai appris ce qu’était un adjectif en japonais. Pas mal de première année avaient en début d’année un niveau en kanji faible, de niveau 5 kyuu, soit le niveau de fin d’école primaire. On  a 3 ans pour leur faire rattraper leur retard afin qu’ils trouvent un job à la sortie d’école pour leur permettre d’intégrer la société japonaise. Beaucoup de boulot en perspective et il faut être patient. Mais généralement, ceux qui se mettent à bosser sérieusement obtiennent de bons résultats dans notre lycée. Le plus dur est de leur faire changer leur vision des apprentissages.

 

Sur ce, je finis ce rapport d’activités (XD) sur une note un peu plus personnelle. J’ai réussi à atteindre mon objectif de devenir enseignante au Japon mais j’ai encore d’autres objectifs. En fait, j’ai toute une liste d’objectifs de vie. Que je compte bien réaliser avant de mourir. Et l’un d’entre eux est de pouvoir écrire et publier des livres. En trois langues (dont japonais, oui). Donc, c’est ce à quoi je vais m’atteler maintenant. Mais ça ne veut pas dire qu’il y aura un changement pour ce blog vu que j’ai bien l’intention de continuer à écrire des articles sur le système éducatif et l’éducation à la japonaise, sur mon expérience au Japon en tant qu’enseignante et aussi sur les démarches pour devenir enseignant au Japon. Donc…

 

… stay tuned!

 

4 comments

  1. Felicitations pour être devenue enseignante au Japon ! Hâte de pouvoir lire un des livres (en français plutôt), et merci pour le blog, le contenu est vraiment très intéressant et bien écrit

  2. Je ne peux que te souhaiter bonne chance pour l’écriture ! Tu comptes écrire une fiction, ou quelque chose de plus sociologique? Personnellement c’est aussi un projet qui me tient à coeur, mais je pense que je vais attendre quelques années, le temps de réaliser quelques objectifs plus urgents avant ^^.

    Sinon, je serais curieux de savoir comment vous vous y prenez pour faire changer de mentalité les élèves peu motivés. Car ça me paraît vraiment difficile.
    Il y a quelques temps j’ai réussi à redonner confiance à un kôhai et à le pousser à se donner à fond dans ses études, mais c’est uniquement parce qu’il y avait un vrai rapport de confiance entre nous deux et qu’il respectait ce que je faisais. Créer de tels liens en tant que prof me semble vraiment compliqué, surtout que quand on est lycéen, on a tendance à penser que les profs nous “conseillent” parce que c’est leur boulot et qu’ils ne veulent pas de mauvais élèves dans leurs classes, et non pas parce qu’ils se soucient vraiment de nous.

    1. Merci ! ^^ Quelque chose de plus socio pour l’instant.

      “Sinon, je serais curieux de savoir comment vous vous y prenez pour faire changer de mentalité les élèves peu motivés. Car ça me paraît vraiment difficile.”

      C clair que c difficile. Moi, j’y arrive encore pas. Et je remarque que chaque prof a son style : ça va du style très militaire et intransigeant à “je brosse les élèves dans le sens du poil”. Les élèves peu motivés, tu peux pas les faire changer s’ils ne veulent pas. On ne peut pas sauver tout le monde et on ne peut pas faire en sorte que tout le monde réussisse. C’est ce que j’ai appris. On doit juste faire le maximum en essayant de leur montrer où se situe leur intérêt.

      “Créer de tels liens en tant que prof me semble vraiment compliqué, surtout que quand on est lycéen, on a tendance à penser que les profs nous “conseillent” parce que c’est leur boulot et qu’ils ne veulent pas de mauvais élèves dans leurs classes, et non pas parce qu’ils se soucient vraiment de nous.”

      Oui, mais au Japon, on passe beaucoup de temps avec les élèves en dehors des cours donc on crée du lien. Plus il y a du lien entre l’élève et l’enseignant, plus l’élève accepte l’idée que le prof veut vraiment son bien et ne fait pas juste son boulot.

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