Pourquoi j’ai choisi Iwate pour m’installer au Japon

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C’est une question qu’on me pose souvent. Et la réponse que j’apporte n’est souvent pas celle attendue par mon interlocuteur. Il y a 3 ans, j’ai été interviewée par une journaliste du journal de la préfecture, et apparemment ma réponse ne lui a pas semblée suffisamment “sexy” car elle a “quelque peu” modifié mes propos pour les rendre plus “intéressants”. Il faut dire que j’ai une façon particulière de prendre des décisions importantes.

 

Habituellement, la plupart des gens choisissent de vivre dans un endroit qui leur a plu, dans lequel ils ont vécu quelques temps ou bien qu’ils ont simplement visité et apprécié à un point tel qu’ils prennent la décision de s’y installer,non ? Pas moi. Je suis venue m’installer à Morioka (préfecture d’Iwate) sans jamais avoir mis les pieds dans une préfecture du Tohoku auparavant.

 

Quand j’ai pris la décision de venir m’installer au Japon, j’avais déjà habité quelques temps dans 2 endroits : la préfecture d’Aichi et Osaka. Pour décider de mon futur lieu d’habitation, j’ai procédé comme suit (cliquez sur l’image en haut à gauche pour situer les préfectures) :

 

  • Les étés au Japon sont généralement très chauds et humides et je voulais un endroit frais pour passer l’été (je hais la chaleur !). J’ai donc sélectionné les préfectures du Tohoku et Hokkaido.

 

  • Les étés à Hokkaidou sont très agréables avec peu d’humidité mais les hivers sont très rudes avec plusieurs mètres de neige dans pas mal d’endroits et, n’ayant pas les moyens d’acheter une voiture à l’époque, j’ai fait une croix sur Hokkaido. Restait le Tohoku.

 

  • Il y a aussi beaucoup de neige dans les préfectures situées face à la mer intérieure du Japon. De plus, l’ensoleillement hivernal est assez faible et j’ai besoin de soleil l’hiver sinon je fais de la dépression saisonnière. Akita et Yamagata éliminées. Restaient Aomori, Iwate, Miyagi et Fukushima.

 

  • Fukushima étant instable (je suis arrivée en septembre 2011 et comme vous le savez, l’accident nucléaire a eu lieu en mars de la même année), j’ai préféré éviter. Et comme j’apprécie assez peu les grandes villes finalement, j’ai aussi éliminé Miyagi (Sendai est une ville trop grande pour moi et je n’avais pas envie de me perdre à la campagne puisque je souhaitais faire des études dans une université japonaise).

 

  • J’ai assez hésité entre Aomori et Iwate, mais ce qui m’a fait me décider est l’accessiblité d’Iwate avec un Shinkansen régulier, ce qui fait d’Iwate la préfecture la plus “proche” de l’aéroport de Narita. De plus, Aomori a un total d’heures d’ensoleillement hivernal plus faible qu’Iwate.

 

Et j’ai débarqué comme ça à Morioka. Il me restait à trouver un appartement.

J’ai donc choisi Iwate de façon purement logique après avoir déterminé dans quel environnement je souhaitais vivre, rassemblé les données nécessaires à mon choix et procédé par élimination. Je sais que c’est une façon de faire qui manque de charme pour beaucoup de monde, mais je trouve beaucoup plus logique de faire des choix de vie de cette façon.

Après, ça ne veut pas dire que je ne fais pas certains choix “à l’instinct”. Par exemple, si je m’étais seulement basée sur la probabilité de réussite de mon projet dans son ensemble, je n’aurais jamais tenté quoi que ce soit.

Et vous, comment décidez-vous de l’endroit où vous allez habiter ? Sur quels critères vous basez-vous pour faire des choix importants ?

 

18 comments

  1. Salut toi !

    Personnellement, je ne pense pas qu’il y ait une bonne ou mauvaise technique pour choisir les endroits où l’on veut y vivre. La tienne étant simplement plus terre à terre, selon tes préférences quand à la qualité de vie que tu veux mener. Je trouve ça tout simplement logique. Tu ne vas pas aller te pourrir la vie à Tokyo si ce n’est pas ce qui t’attire quoi ! =P

    De mon côté, je n’ai jamais vraiment eu la chance d’avoir eu à faire ces choix encore, bien que j’y pense par moment. Bien que je vis présentement en Belgique, je pense à mon retour au Québec et je pense éventuellement à quelle endroit je voudrais vivre en appart’. Un endroit pas trop loin de l’Université, sans pourtant être en ville et ayant des transports en commun efficaces. Puis, si y’a des services proche (Épicerie, pharmacie, resto…) ou encore que les proprios acceptent des animaux (Genre chats) alors ce ne sera que du bonus.

    1. Comme quoi, c’est une façon de choisir qui n’est pas si bizarre que ça (?) Au Japon, ça fait rire/étonne bcp quand je raconte comment j’ai fait mon choix… Toi aussi tu as une façon logique de choisir en fait.

  2. Excellent article et choix très originaux ! je ne pensais pas du tout que tu avais piu choisir comme cela.
    Même si je ne cautionne pas, je peux comprendre pourquoi la journaliste a modifié tes propos.

    Je pensais te répondre par commentaires mais mes choix ont été un long parcours alors je t’ai répondu par article 🙂

    1. Merci pour ton com. J’ai déjà lu ton article. Toi aussi tu as pris ton temps, mais finalement ça s’est avéré payant. L’instinct, y’a que ça de vrai (et la logique aussi! XD)!

  3. Je trouve ta méthode très cartésienne et admire ton étude détaillée pour procéder par élimination. Dans ton cas tu avais cible ton critère le plus important, le climat, et j’ai envie de dire que le choix est donc possible. Apres il ne faut pas que tu oublies de dire que tu es parti sur une solide base que tu réussirais n’importe où (car sinon je ne pense pas que tu aurais choisi Morioka).

    Mon expérience a été différente. J’ai eu la chance d’effectuer un voyage d’un mois et suis allé dans à peu près toutes les grandes villes avec un but précis : essayer tant que possible de dormir chez l’habitant. Je ne parlais pas un mot de Japonais et m’étais fixe des petites règles de manière a être obliger de communiquer avec un maximum de gens (par exemple si j’avais besoin de passer un coup de fil je devais emprunter le portable d’une personne environnante). L’expérience reste vraiment dans mon esprit comme un des meilleurs moments de ma vie, le contact humain disparaît peu à peu dans nos sociétés individualistes.

    Je me suis parfois retrouve dans des situations cocasses mais ai toujours rencontré des gens au grand cœur. Car mon critère était vraiment de vivre dans un endroit où je serai accepté. Je ne passais à chaque fois qu’une journée dans les villes mais Hiroshima et Nagasaki sont vraiment celles qui m’ont parues être les plus froides. C’est finalement sur Kobe que mon dévolu s’est jeté car j’y ai rencontré des gens exceptionnels qui m’ont littéralement adoptés.

    1. Merci pour ton message. ^^
      Plus que de penser que je réussirais n’importe où, j’étais surtout intéressée par le fait de NE PAS enseigner en ville, car les élèves y sont plus difficiles (tout est relatif, hein, on est bien d’accord). Le job est assez crevant en lui-même à cause du nombre d’heures, pas de vacances etc, dc je voulais avoir du plaisir à enseigner et pas aller à mon boulot à reculons.

      Ta méthode aussi est intéressante : tu as testé et après tu as choisi là où ça te convenait le mieux. C’est aussi cartésien dans un sens, non ? XD

  4. C’est marrant, je ne m’imaginais qu’on puisse faire ce choix de cette manière, mais effectivement, c’est une logique qui se tient tout à fait (et les autres raisons, comme le fait de vouloir être en campagne car les élèves y sont plus calmes sont au moins aussi pertinentes).

    Pour ma part, j’ai passé l’essentiel de ma vie à Paris, donc la capitale, ça me fatiguait un peu. En outre, j’aimais bien l’ambiance et le dialecte du Kansai. Donc j’ai pris la décision de rejoindre une université dans le Kansai : Kobe était la plus cotée parmi celles que j’avais à disponibilité, et on me l’avait fortement conseillée (je pensais au début naïvement en prendre une moins bien à Osaka). J’ai tellement aimé la vie dans cette université que pour moi c’était clair : je voulais y vivre. Donc j’ai choisi en priorité des entreprises dont le siège social était à Osaka ou Kobe, j’en ai eu une à Osaka, 50 minutes en train de Kobe : c’était bon pour moi.

    Je pense que si je devais choisir à partir de rien aujourd’hui, je prendrais le Kyushu, car j’adore cette région, pour ses paysages et ses habitants. Mais maintenant j’ai juste trop de liens avec Kobe pour quitter le coin, sans particulièrement bonne raison. Même si je serais prêt à aller ailleurs si je pouvais être responsable d’un club de Karuta.

    Avec un peu de recul, je réalise qu’en fait, mon choix final s’est fait uniquement sur mon appartenance au club de Karuta de l’université de Kobe. J’aurais quitté ce club après la fin de mes études, je pense que j’aurais choisi une autre région. Pour moi rester ici serait presque aussi naturel que de rester à Paris (en France) parce que ma famille y est.

    En passant, ce n’est pas la première fois que tu dis que les élèves en campagne sont plus polis/calmes qu’en ville. Tu as des sources à partager à ce sujet? Car ça m’intéresse. Bon, la région de Hyogo n’est pas la zone la plus urbaine du Japon, mais ce n’est pas non plus rural, donc c’est un facteur que j’aimerais bien prendre un minimum en compte moi aussi (merde, plus le temps passe, et moins j’utilise le conditionnel dans mes messages, je sens que je serai converti à la fin de la lecture de ce blog :p)

    1. Merci pour ton partage d’expérience sur la question ^^

      Pour la différence des élèves ville/campagne, la seule source que j’ai, c’est le papotage entre professeurs de différentes régions. Mais c’est une tendance, pas une loi : ça dépend quel type d’élève l’établissement accueil (milieu socio éco pauvre ou privilégié) et c’est même super variable au sein du MEME établissement : filière d’élite ou classe poubelle comme on dit si bien en France. (Mais ne dis surtout pas ça au Japon, ça ne passerait pas !) Avant de postuler dans un lycée privé, visite-le et surtout assiste à des cours de chaque filière pour voir la différence de comportement. Pour le public, tu n’auras pas le choix de toute façon.

  5. Ca peut sembler surprenant comme choix c’est vrai haha ! A vrai dire, très peu d’étudiant ont postuler pour l’université d’Iwate pour passer une année à l’étranger. Après je pense que c’est des conditions complètement différentes. Y rester un an et s’installer pour plusieurs années, il vaut mieux choisir un environnement favorable, plutôt que la localisation. ~

    1. Merci pour ton message ! ^^ C’est vrai que peu d’étudiants choisissent Iwate, car ils sont attirés par les grandes villes. Je trouve ça bien dommage.

  6. Hi Nemuyoake !
    Incroyablement intéressant !
    Plus que logique c’est très intelligent comme démarche je trouve. Il fait rop chaud en été effectivement !
    Personnellement, pour avoir séjourné dans plusieurs pays anglophones plusieurs années, le premier critère c’est la vie sociale qu’elle soit citadine ou rurale peu importe ce qui compte c’est de vivre et non survivre.
    Pour la question des élèves et des types d’établissement, je pense que la question cruciale est la définition de ce qu’enseigner veut dire. Avoir des élèves dociles ne dit rien de la qualité de la pédagogie employée, pire dans certains cas ces élèves sont capables de brûler des étapes dans leur processus d’apprentissage et cela sans que cela puisse être forcément repérable par l’enseignant.
    Lorsque les élèves coopèrent ils acceptent la pédagogie indépendamment de la qualité de celle-ci. Les élèves qui refusent ou qui sont indisciplinés posent la question de l’approche standardisée de l’enseignement.
    Choisir un lieu pour la qualité de son cadre de vie ainsi que la qualité des conditions de travail est tout à fait humain et même très intelligent, surtout quand il s’agit d’un lieu éloigné et inconnu.
    Maintenant la vie citadine ou les élèves plus critiques ou les établissements demandant plus d’implications car situations sortant de l’ordinaire exigent effectivement bien plus d’adaptation et d’investissement personnel. Si cela peut apparaître comme un inconvénient au début, lorsque les défis sont relevés, nul doute qu’un sens d’appartenance ou d’accomplissement se développera et créera des liens peut être plus profonds qu’escomptés. La vie à la compagne, outre le côté financier et le climat plus gérable risque après un certain temps d’adaptation de générer de l’ennui.
    En effet sitôt la situation stabilisée, le quotidien peut devenir répétitif et ce qui était un avantage au départ peut vite l’être moins ensuite.
    Bon le Japon est plutôt moderne comme pays donc le fait de facilement pouvoir se déplacer avec le shinkansen, les choses peuvent être simplifiées très vite.
    Pour avoir vécu dans les deux situations que ce soit en ville ou à la campagne à l’étranger comme en France d’ailleurs, j’ai pu constater qu’avec le temps les avantages de départ peuvent vite se modifier pas forcément en inconvénients d’ailleurs mais permet de relativiser les critères de départ.
    Je pense finalement que chaque lieu a son charme et que selon nos priorités à un moment de notre vie on privilégie d’abord le fonctionnel sur le reste (même en mode instinct d’ailleurs).
    Concernant la journaliste elle cherchait un article pas un témoignage et c’est dommage mais bon tu auras eu ta minute de gloire ;)!et ça peut servir quand tu lanceras ton livre ;)! Bah oui lance le à l’internationale !
    Dja ne !

  7. Bonjour bonjour.
    Je decouvre votre blog un peu sur le tard, mais c’est un vrai plaisir de vous lire.

    Votre choix de ville me rappelle celui de mon universite d’echange universitaire en 2009 : Niigata parce que je m’imaginais qu’il y aurait peu d’etrangers venus faire la fete, faute d’image glamour : )
    Je ne peux qu’aller dans votre sens !

    Sinon, apres ma 7e annee a Akita, (encore 2 mois a tenir et a moi Okayama !), je confirme ce que vous dites a propos d’Akita… l’absence de soleil de novembre a mars est une horreur !

    1. Il n’est jamais trop tard pour découvrir mon blog ! ^o^ Merci pour votre commentaire !

      Donc j’ai bien fait de choisir Iwate, merci pour la confirmation. XD Au fait, pourquoi après 7 ans à Akita, direction Okayama ? *curieuse*

  8. Haha ! De rien !
    Il me permet de passer un bon moment entre deux cours dans la boite ou je suis ! (d’ou l’absence d’accent dans mes commentaires…)

    Oui, la deniere fois que j’ai pris le Komachi Tokyo-Akita, en novembre dernier, beau ciel bleu jusqu’a Morioka, on passe le tunnel et les motagnes vers Akita… ciel gris et pluie… J’ai cru a une blague xD
    Le “okaeri” qui fait mal.

    Ah, mon depart ! Grosse annee 2017 pour moi. Rencontre -> Mariage -> Achat de maison a Okayama.
    Je pars pour une vie simple a la campagne dans la plus grande auto-suffisance possible. Pour ca je prefere un endroit assez chaud et sec comme Okayama. Les 3-4 mois de neige d’Akita c’est juste pas possible !
    J’ai vu sur votre Twitter que vous etiez en quete d’une maison un peu ancienne, avec de belles trouvailles par chez vous. Meme chose pour moi, (tres) grande maison d’environ 50 ans, avec terrain (4.000m²), pour une bouchee de pain (480man).
    Comment avancent vos recherches ? Je file lire votre dernier article !

    1. Oui, on a de bonnes occaz à la campagne, n’Est-ce pas ? ^o^

      Il y a probablement bcp de rénovations à faire dans la maison que vous souhaitez acheter, non ?

      Pour la maison que je vise, j’attends toujours…

  9. En effet ! Et bien moins cher que je ne l’aurais pensé !

    Pas tant que ça en fait. La partie principale ayant été rénové il y a peu. Et la grande partie secondaire aussi… mais ce n’est pas vraiment ca pour l’étage.

    C’est ce que j’ai lu oui. Une situation un peu difficile visiblement.
    En espérant que ça se goupille bien !

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