Comment j’ai réussi à trouver un appart au Japon en moins de deux semaines

 

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Trouver un logement indépendant au Japon n’est pas une mince affaire, surtout lorsqu’on a ni garant japonais, ni organisme ou institution pour appuyer son dossier auprès d’un agent immobilier ou d’un propriétaire. Encore moins lorsqu’on espère loger dans un appartement ordinaire, et non dans une guest house ou autre logement « gaijin-friendly ». Alors on peut dire que dans mon cas, ce n’était pas gagné d’avance. En effet, j’ai débarqué à Morioka sans avoir jamais mis les pieds dans cette ville auparavant et en n’ayant aucun contact sur place – encore moins un garant japonais – ; et j’ai pourtant pu m’installer définitivement dans mon appartement actuel en moins de 15 jours après mon arrivée sur le territoire.

Voilà comment je m’y suis prise…

 

+ Prévoir, prévoir et… prévoir +

 

Prendre des risques ne me fait pas peur, mais il y a quand même des limites. J’étais bien consciente de la difficulté à trouver un logement indépendant au Japon ; j’ai donc décidé de prendre les devants. Au lieu de choisir un appartement qui me plaisait et de contacter l’agence immobilière correspondante, j’ai fait le choix de prendre contact avec une agence immobilière qui me paraissait jeune, dynamique et moderne. Certaines agences ont de jeunes employés, mais leur « esprit » est très traditionnel et cela se reflète sur leur site internet et bien évidemment dans leur façon de gérer toute demande non « conventionnelle ». L’agence que j’ai choisie tenait un blog où l’on pouvait voir la directrice de l’agence et ses employés dans leur quotidien, avec leurs animaux, leurs nouvelles manucures (sic !) etc. Une agence à l’esprit familial et décomplexée, en quelque sorte. Ils ont changé leur site et se sont agrandis (les affaires marchent bien, on dirait), ça fait plus professionnel maintenant (je ne vois plus le blog), mais c’est cette agence.

J’ai donc pris contact avec eux par mail, expliqué mon cas (en japonais bien sûr) et je leur ai demandé s’ils pouvaient me faire visiter des appartements. Ils n’ont mis que 48h avant de me donner une réponse positive.

J’ai alors embarqué pour le Japon.

 

+ Savoir adapter sa stratégie de recherche +

 

Après mon installation à l’hôtel, je me suis rendue à l’agence, j’ai visité un appartement qui me plaisait et… essuyé le refus du propriétaire qui n’a pas souhaité me le louer car j’étais une étrangère sans garant japonais. Texto. Cela ne m’a pas surprise, vu que je m’y attendais (aka « just according to keikaku » <- ceci est un meme d’otaku, comprenne qui pourra. XD).

En accord avec l’agence, nous avons donc changé de stratégie : il fallait d’abord trouver un propriétaire qui était d’accord pour louer à un étranger sans garant japonais. La quête n’a pas duré longtemps car j’avais rendez-vous quelques jours après avec un propriétaire qui voulait me rencontrer. Nous avons passé quelques minutes à discuter (d’où je venais, ce que je venais faire au Japon etc.) et le propriétaire s’est alors tourné vers les membres de l’agence pour donner son feu vert.

Pour ceux qui pourraient s’étonner de la procédure, c’est comme un entretien d’embauche. Donc, on s’y rend bien habillé et en présentant bien (non, pas avec une barbe de 3 jours ni avec un affreux bermuda ou de jolies sandalettes qui font bien touristes. S’il vous plaît. Même si on est en plein été, ouaip. Et surtout pas de débardeur pour les femmes !) et on prend un air aimable, assuré mais humble, celui qui hurle à l’interlocuteur « Vous pouvez me faire confiance ! ». On répond gentiment aux questions et on attend le verdict.

L’accord en poche, j’ai visité plusieurs appartements de ce monsieur accompagnée d’un personne de l’agence et en ai choisi un, signé le contrat à l’agence… et j’y suis toujours 4 ans après. Mon propriétaire est en plus un saint homme car il m’a emmenée acheter tous mes appareils ménagers pour m’installer et m’a servie de chauffeur pour ramener à l’appartement tous les éléments encombrants (aspirateur, boîtes de rangements etc.). Autant vous dire que je me sens extrêmement chanceuse d’être tombée sur un tel propriétaire !

Conclusion de l’affaire : j’ai obtenu un appartement de 26 m2 au 3ème étage, construction en béton, avec isolation phonique et thermique pourries comme pour tout apaato japonais qui se respecte (XD), au prix de 4 man (400 euros avec 1 euro = 100 yens), eau comprise. Sans avoir eu besoin de garant japonais. Avec seulement un mois de caution et sans reikin (somme d’argent de 1 à plusieurs mois à donner au propriétaire et qu’on ne revoit jamais). Avec en prime un proprio super sympa qui m’a aidé à trouver un stage en école maternelle au Japon en faisant jouer ses relations et, cerise sur le gâteau, en se portant garant pour moi à chaque fois que j’en ai eu besoin.

Rétrospectivement, je pense que j’ai eu le popotin bordé de nouilles… Non ?

Les photos :

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4 comments

  1. Just according to keikaku (Note : keikaku means “plan”). Probablement mon meme préféré après “People die if they are killed” ^^.

    Pour ce qui est de la recherche d’appartement, quel que soit notre niveau en japonais on aura toujours des difficultés, mais pour moi il y a vraiment 3 aspects importants, sachant que 2 peuvent suffire : le piston (garant), le background, et l’agence immobilière.
    Pour cette dernière, je suis d’accord avec toi sur son importance, et quelqu’un de pas doué pourra complètement te faire rater une bonne affaire. On en avait déjà parlé sur l’autre forum, mais certains commencent leur discours par “c’est un étranger, ça ne vous dérange pas?”, sans chercher à montrer que malgré notre nationalité différente, on comprend la culture japonaise et maîtrise la langue.

    D’ailleurs, pour l’anecdote, le premier que j’ai eu a carrément menti sur mon compte pour me faire entrer. Enfin, il s’est montré vague exprès pour faire passer la pillule. En gros, j’avais passé 1 an à l’univ de Kobe (licence) et 6 mois à Keio (master), mais ça ne paraissait pas assez long, donc il a dit que j’avais fait ma licence à Kobe et mon Master à Keio, ce qui donnait l’impression que j’avais passé 6 ans au Japon.
    Moi-même, j’ai ajouté que j’ai joué au Karuta, et comme on fait difficilement plus “japonais”, ça a convaincu la proprio que je n’allais pas faire chier mon monde.
    Et paradoxalement, elle a été super sympa avec moi, et m’a même appris que sa fille était mariée à un Français. Allez savoir pourquoi elle était craintive (ils étaient en bons termes pourtant).
    Bref, comme tu le fais remarquer, il faut bien préparer ses arguments à l’avance (bon, moi j’avais mon entreprise derrière moi donc c’était bien plus simple cela dit).

    1. D’un autre côté, je comprends les proprio. Ca me viendrait pas à l’idée de louer au premier gaijin venu.

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