Devenir enseignant au Japon : 5 arguments pour

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Vous hésitez à vous lancer dans de longues études au prix prohibitif pour devenir enseignant au Japon ?

Vous ne savez pas trop si ça va vous plaire car, après tout, vous ne voyez pas trop quels sont les avantages liés au fait d’enseigner au Japon ?

Voici une liste (non exhaustive) de 5 points positifs qui pourront vous aider à mieux cerner les avantages de ce métier.

 

 

1/ Le lieu de vie : le Japon

 

Celui-ci compte au moins pour deux !

Vivre au Japon est probablement la raison pour laquelle vous envisagez d’enseigner au Japon. Mais, ainsi que vous pourrez bientôt le lire dans un prochain article, cet argument à lui seul ne doit pas être le seul pris en compte pour exercer ce métier très exigeant. Vouloir devenir enseignant dans le seul but de vivre au Japon est d’ailleurs à mon avis une très grosse erreur, tout simplement parce que la somme de travail demandé et de sacrifices est très importante.

Et le Japon est loin d’être un paradis : entre le monde du travail qui est particulièrement rude et le coût de la vie conséquent pour l’éducation et les soins, il ne fait pas bon d’être pauvre ou malade dans ce pays. Chaque année, des dizaines de personnes meurent de faim ou de froid dans la solitude la plus totale, et les SDF n’ont pas d’existence aux yeux du public.

Néanmoins, il faut être honnête : vivre au Japon est très agréable et a certains avantages. En premier lieu, la criminalité et la délinquance y sont très faibles, le service dans les magasins et les entreprises est de très grande qualité (toujours souriants, serviables et zélés), les gens sont en général agréables, les interactions sont dénuées d’agressivité, et les incivilités quasiment inexistantes. Les rues tout comme les transports sont propres et les habitants ne dégradent pas systématiquement les installations publiques mises à disposition, même lorsqu’elles sont ouvertes au public 24/24 h et sans aucune surveillance.

En quelques mots, vivre au Japon est agréable et reposant, mais seulement lorsqu’on a les moyens financiers qui le permettent (plus le visa/statut de résident).

 

2/ Un emploi stable

 

Obtenir un emploi d’enseignant dans une école publique au Japon équivaut à obtenir un emploi de fonctionnaire, autrement dit un emploi à priori à vie (il faut juste essayer d’éviter de se faire prendre en grippe par le Conseil d’Education). Un emploi de fonctionnaire est considéré par la société comme un emploi en or dans la plupart des préfectures, en partie pour le salaire dans les préfectures rurales, en partie pour le fait que les mutations se font à l’intérieur d’une préfecture et non pas au niveau national pour les préfectures urbaines.

Les emplois de seishain (on va dire « CDI », même si en fait c’est différent, c’est pour donner une idée) devenant de plus en plus difficiles à obtenir pour les jeunes diplômés qui ne sortent pas de bonnes universités dans les grandes métropoles, ils se rabattent donc sur ces emplois de fonctionnaires préfectoraux qui sont stables, mais peu payés en métropoles.

 

3/ Des bons revenus

 

En fait, ça dépend où.

Les fonctionnaires préfectoraux en zone urbaine gagnent plus que leurs homologues en zone rurale, mais le coût de la vie dans les métropoles est si important que les fonctionnaires en début de carrière ont du mal en s’en sortir avec leur salaire (et leurs conditions de travail sont dégradées). Néanmoins, le salaire des fonctionnaires des préfectures rurales (de 2000 euros bruts en début de carrière pour un diplômé de master), bien que moins important, est largement suffisant pour vivre correctement en tant que célibataire. Ce salaire augmentant rapidement chaque année, il suit l’évolution standard de la situation du fonctionnaire (célibataire, en couple, avec enfant(s)) permettant au fonctionnaire de préfecture rurale de vivre bien, surtout avec les primes qui correspondent au moins à 4 mois de salaire.

 

4/ Les élèves

 

Les élèves sont généralement agréables, surtout dans les préfectures rurales. Leur attitude s’est malheureusement fortement dégradée dans les zones urbaines, où l’on est au point de voir des enseignants se faire de temps en temps agresser. Les parents, même s’ils ont parfois des exigences de clients à problèmes, n’ont pas encore franchi le stade de l’agression verbale ou physique envers le personnel éducatif. Mais la plupart du temps les enseignants des métropoles doivent faire face à un désintéressement généralisé des élèves des écoles publiques mal cotées.

La situation est toute autre dans les préfectures rurales où les élèves sont dans leur très très grande majorité très agréables, obéissants et attentifs, même dans les écoles publiques mal cotées qui accueillent des populations défavorisées (familles de pécheurs, paysans ou ouvriers). Ils jouent leur rôle d’élèves, et leurs parents soutiennent les enseignants en leur donnant la possibilité de co-éduquer leurs enfants.

 

5/ Une formation solide

 

La formation des enseignants au Japon est de qualité, contrairement à la France où celle-ci est quasiment inexistante. Chaque enseignant a suivi une formation disciplinaire et professionnelle qui contient de nombreux modules en didactique, gestion des élèves et de la classe, ainsi qu’un stage pratique en responsabilité.

Il s’agit d’une formation pratique, dans le sens où, à la différence des sciences de l’éducation en France, le but de la formation est d’enseigner aux futurs professeurs comment préparer un cours, comment choisir des activités efficaces pour faire progresser les élèves, comment créer des évaluations et comment les noter… Aucun « dogme » n’est enseigné, même si les savoirs théoriques ne sont pas ignorés pour autant. Les futurs enseignants apprennent aussi à réfléchir sur leur pratique, en groupe ou de façon individuelle.

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4 comments

  1. Cela confirme ma vision de l’éducation japonaise.
    Je voudrais savoir si les élèves ont une relation différente avec les enseignants étrangers par rapport aux enseignants japonais.
    Concernant les points négatifs, outre la montée de la délinquance, y a- t-il d’autres problèmes courants?

    1. Hum… Au début, ils sont sans doute plus timides car ils ne savent pas s’ils pourront communiquer. Mais ils ont les yeux qui brillent mille feux de pouvoir communiquer avec un étranger. Je vis en préfecture rurale aussi, je pense que les élèves à Tokyo et Osaka sont blasés et n’en ont rien à faire que le prof soit étranger ou pas.

      Les parents sont un problème. On les appelle “Monstaa parento” (avec les mots “monster” et “parent”). En gros, ce sont des parents qui vont tout critiquer, de vrais consommateurs du système éducatif. Sinon, bien sûr, désintérêt des élèves pr les savoirs, baisse du niveau scolaire, un peu les mêmes choses qu’en France. Ils sont en train de plancher dessus pr trouver des solutions.

      1. Hihi oui j’avais déjà entendu parler des “Monstaa parento”… Apparemment ils ont beaucoup d’influence dans certaines écoles. Le fait d’envisager d’enseigner dans une grande ville comme Tokyo m’effraie encore plus…

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