Choisir une université japonaise pour obtenir sa licence d’enseignement

Waseda_University_Logo_svgSur quels critères choisir son université au Japon pour obtenir une licence d’enseignement ?

 

La grande majorité des gens vous dira qu’il n’y en a qu’un seul : la réputation de l’université. Et ils n’auront pas tort, car si vous souhaitez intégrer une grande entreprise privée dans le Kantô (région de Tôkyô) ou le Kansai (région d’Ôsaka), il serait en effet suicidaire d’être diplômé d’une université de seconde zone. Mais si vous souhaitez obtenir une licence d’enseignement dans le but de passer les concours de recrutement, il existe d’autres critères sur lesquels baser votre choix.

 

+ Où souhaitez-vous vivre ? +

 

Les très grandes universités sont toutes basées dans de grandes villes. Certaines personnes supportent de vivre dans les métropoles, d’autres non. Tôkyô est, paraît-il, plus agréable à vivre que Paris. Mais c’est une ville très chère. J’ai déjà parlé du coup astronomique des études. Il faut y ajouter le coût de la vie, supérieur à celui de la France, en ce qui concerne l’énergie et les produits alimentaires par exemple. Sans oublier les transports et le loyer.

Vivre dans une grande métropole permet d’être prêt de tout : magasins, vie culturelle (musées, concerts, théâtres…). Pour les personnes qui aiment sortir et se cultiver, seule la vie dans la capitale japonaise ou dans une autre grande ville peut être en mesure de les combler. Il est important de choisir un endroit qui plaît, tout en ne négligeant pas l’aspect financier de l’opération.

Avant même de choisir votre université, il vous faudra auparavant choisir la préfecture dans laquelle vous souhaitez vivre, et choisir quelle université sera la plus apte à vous préparer pour devenir enseignant de cette préfecture.

Pourquoi choisir d’abord la préfecture dans laquelle vous souhaitez vivre et seulement ensuite l’université, et non procéder au choix inverse ? Les paragraphes suivants vont vous le dire.

 

+ Des spécificités de formation pour chaque université +

 

Chaque université offrant un cursus de formation pour devenir enseignant entretient un lien étroit avec le Conseil d’Education de sa préfecture. Qui dit lien étroit, dit possibilité de créer des contacts. Contacts qui vous permettront de construire un réseau qui pourra vous être utile. Au Japon, on dit que pour réussir, il faut « kane to kone ». De l’argent et des relations. Pour ceux que cela choquerait, il s’agit simplement de la nature humaine : vous avez tendance à accorder plus facilement votre confiance à quelqu’un que vous connaissez déjà.

Durant les années de formation à l’université, vous aurez plusieurs fois la possibilité d’entrer en contact avec des membres du Conseil d’Education, lors de sessions de démonstration de séances par exemple. N’allez pas leur vendre votre personne avec l’agressivité d’un vendeur d’assurances, cela serait très mal vu. Ces occasions sont juste une opportunité pour vous de vous faire connaître, de montrer votre visage, d’informer les gens de votre projet particulier. Le but est que les gens s’habituent doucement à vous et à l’idée d’éventuellement vous proposer un poste un jour. (Si vous arrivez à montrer le jour du concours que vous ferez un « meilleur » enseignant que ne le feraient les autres Japonais se présentant au concours ce jour-là, cela va de soi.)

Ne pas fréquenter l’université qui a un lien étroit avec le Conseil d’Education de la préfecture veut aussi dire pouvoir justifier ce choix lors de l’entretien de recrutement. Dire « Je voulais entrer dans une université mieux cotée » peut vexer vos interlocuteurs. Il faut y penser à l’avance afin de prévoir une réponse adéquate, qui sache ménager la chèvre et le chou comme on dit. Oh, et au passage : généralement, les concours d’entretien au Japon ne sont pas vraiment des entretiens, ce sont des concours où les plus gros menteurs gagnent. Il existe d’ailleurs de nombreux livres les « bonnes » et les « mauvaises » réponses aux questions qui vont vous être posées. J’aurai l’occasion d’y revenir, car il y a beaucoup à dire sur ce sujet.

Une dernière chose à prendre en compte pour le choix de son université : toutes les universités ne proposent pas exactement le même genre de formation, chacune adaptant sa formation aux besoins du terrain de sa préfecture. Par exemple, les préfectures côtières proposent pour les enseignants des formations sur la conduite à tenir en cas de tsunami, tandis que les préfectures à l’intérieur des terres ne le font pas. Les préfectures rurales et métropolitaines ne proposent pas le même genre de cours sur la prise en charge des élèves car ce ne sont tout simplement pas les mêmes élèves que les enseignants de ces préfectures auront dans leurs classes.

 

+ Cursus accéléré ? +

 

Toutes les universités ne permettent pas d’obtenir une licence d’enseignement dans toutes les matières. Il vous faudra donc choisir l’université qui prépare à la licence que vous souhaitez, mais aussi passer le concours d’entrée comme le font les Japonais.

N’hésitez pas à vous renseigner sur la possibilité d’obtenir une licence d’enseignement en cursus accéléré. En effet, si vous avez déjà une licence obtenue en France, il existe des universités qui accepteront de vous faire entrer directement en 3ème année (à condition que vous réussissiez le concours d’entrée). D’autres ne le permettront pas mais vous proposeront d’intégrer le master et d’obtenir les crédits nécessaires à la licence de base en cumulant les deux cursus. Ne négligez pas les universités qui proposent cette possibilité car elles vous feront économiser beaucoup de temps et d’argent. Par contre, votre cas (étranger qui veut obtenir une licence d’enseignement japonaise) étant probablement le premier qu’ils rencontreront, ne soyez pas surpris s’il leur faut du temps pour vérifier que leur université peut vous proposer ce genre de cursus. Il vous faudra leur montrer que vous êtes motivé, et que vous avez le niveau pour suivre les enseignements et vous intégrer.

 

Voyez-vous d’autres critères pour sélectionner une université ?

23 comments

  1. Ah, je me doutais qu’il y avait moyen de faire sauter certaines années, et je suis heureux de constater que c’est bien le cas !

    Par contre, ces cursus accélérés (que ce soit avec le master en double cursus, ou en licence en sautant 2 années), ils sont fréquents ou pas? En gros, c’est genre une université sur 4 qui le propose, ou est-ce que toutes les universités un minimum cotées le proposent? (je vise celle de Kobe)

    Et surtout, tu parles d’un concours entrée : il consiste en quoi? Est-ce que c’est en rapport avec la matière qu’on veut enseigner?
    Je demande ça surtout par rapport au fait que les Japonais ont des concours assez costauds et sur des matières très larges. Je n’ai pas envie d’avoir à bosser des matières scientifiques juste pour préparer ce concours :p

    1. Ils ne sont pas si fréquents que ça donc renseigne-toi bien auprès des univs. MAIS. Il est fort probable qu’ils te disent qu’ils ne savent pas si c’est possible et il faudra attendre plrs mois la réponse. Perso, je suis entrée en master SANS savoir si c’était possible. J’ai pris un gros risque. J’ai appris 2 mois après la rentrée que c’était possible. Pour plus de sécurité, sois bien sûr AVANT de passer les concours d’entrée d’une fac. Ecris à Kobe (vérifie d’abord s’ils ont un cursus kyouiku).

      Le concours d’entrée est en rapport avec la matière qu’on veut étudier, oui. La différence avec l’entrée en première année de fac accessible après le lycée, c’est que ça ne concerne que ta matière (et aussi la didactique de cette matière) pour le master alors que t’as plein de matières sinon.

  2. Merci pour tes réponses !

    J’ai fait pas mal de recherches depuis, et j’ai appris que l’université de Kôbe proposait ce cursus, ainsi que la possibilité d’obtenir les crédits du niveau licence tout en faisant un master.
    Bref, c’est plutôt bon signe de ce côté là.
    Je suis en train de me renseigner pour suivre également des cours par correspondance en parallèle de mon boulot actuel, ça me permettrait d’avoir des crédits d’avance, ce qui me simplifierait la tâche après avoir rejoint l’université.

    Pour l’examen d’entrée, tu as trouvé ça difficile? J’ai un peu de mal à visualiser quel type d’épreuve ça peut être.

    1. Ca dépend vraiment des univ, donc le mieux c que tu ailles au centre des examens de l’univ de ton choix et que tu demandes une copie des examens d’entrée des précédentes années. C’est ce que j’avais fait pour voir le niveau. Et aussi contacte en avance un responsable de la section que tu vises pour te faire connaitre et lui faire connaitre ton projet.

      Je ne suis pas sur que les cours par corres te donneraient des crédits par avance, car ils sont assez chiants pr la reconnaissance des crédits…

  3. Yahallo~
    Tout d’abord je tiens à te remercier pour tous ces posts. Un ami m’a link ton site car j’avais besoin d’info sur le statut de professeur au Japon, le cursus à suivre etc… et c’est vraiment une mine d’or ^^

    Du coup je viens pour te poser quelques questions, et voir à quel point mon projet serait réalisable car il est très similaire au tien ^^
    Je ne vais pas y aller par quatre chemins, mon rêve serait de devenir professeur dans un collège ou lycée (petite préférence pour le lycée quand même), mais en mathématiques (et non en langue). Avoir un étranger qui enseigne une langue étrangère apporte beaucoup de “points bonus” j’ai envie de dire, mais pour enseigner les mathématiques… x)
    Je suis actuellement en L3 de japonais, et j’ai en tête un peu le schéma suivant :
    – Finir la L3
    – Faire une année en ryūgaku si je suis pris (j’aurai la réponse après les partiels de janvier), sinon partir un an avec visa travail-vacances
    – Revenir en France et faire une licence en mathématiques
    – Une fois la licence obtenue, finir ses études au Japon pour obtenir les diplômes japonais

    -> Question concernant le cursus en lui-même une fois au Japon car je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. Si je trouve une université qui m’intègre directement en 3e année, il me faudra encore 4 ans on est d’accord (3+4e année de licence + 2 années de “master’) ? Or tu parlais dans un de tes précédents posts de faire le cursus en 2 ans 😮
    Aussi, si l’université n’accepte pas de me faire entrer en 3e année mais propose le double cursus, c’est comme si on faisait la licence et le master en même temps (4 années en tout, dont les 2 premières avec 2 cursus en même temps) ? Si c’est le cas, du coup, l’examen d’entrée sera comme celui des lycéens japonais ou juste sur ma matière ?
    Ou alors il existe tout simplement des universités qui acceptent de te faire rentrer en 3e année ET proposent le double cursus en même temps ?

    Tu parlais aussi d’une bourse que tu touchais pendant tes études (si je n’ai pas mal lu x)). C’était celle du Monkashō ou une autre ? Financièrement parlant, si je dois payer les frais de l’université + le coût de la vie de ma poche à 100%, sans aucun revenu quelque part, ça va être assez serré x)

    Voilà~
    Désolé, ça fait un peu interrogatoire, mais rares sont les personnes aussi bien placées que toi pour demander conseil je pense x)

    1. Contente de servir. ^^

      Premier conseil, garde ton Visa vacances travail en réserve. Je ne sais pas quel âge tu as, mais il pourra te servir plus tard.

      Tu peux peut-être intégrer la 3ème année et ds ce cas, c 4 ans (3ème et 4ème année + 2 ans master) ou tu peux intégrer le master et faire la licence et le master en même temps en 2 ans minimum (après tu peux redoubler jusqu’à 2 années normalement faire le master+licence en 4 ans). Ca dépend des univ donc il faudra que tu demandes. Si tu entres en master, c exam sur ta matière, mais si tu entres en licence, il faut voir avec l’univ (certaines te feront passer les exams, d’autres non car tu entres directement en 3ème année).

      “Ou alors il existe tout simplement des universités qui acceptent de te faire rentrer en 3e année ET proposent le double cursus en même temps ?” Ca, non. C’est soit entrée en master et on fait la licence en même temps, soit on entre en 3ème année et on ne fait que la licence (on obtient la licence d’enseignement de base, pas la spécialisée qu’on peut obtenir si on entre directement en master)

      La bourse, c’est celle du Rotary.

      1. Merci pour ta réponse ! : )

        J’ai 20 ans à l’heure actuelle, donc j’ai de la marge encore pour utiliser le Visa vacances travail ^^

        Je crois avoir enfin tout cerné x)
        Le cursus accéléré, c’est pas simplement entrer en master ou autre, mais c’est d’en plus pouvoir faire la licence de 0, mais en 2 ans seulement au lieu de 4, c’est ça ? Avec des cours adaptés et tout.

        Et j’ai bien fait de demander, car j’aurais jamais pensé à aller voir du côté du Rotary ^^’
        Après quelques recherches, je suis tombé sur ça : http://www.studyrama.com/vie-etudiante/budget-etudiant-financer-ses-etudes/les-bourses-et-aides-privees/bourses-mondiales-de-la-fondation-rotary-plan-vision-pour-l-avenir
        Tu confirmes ? x)

        Et vu que je n’ai eu aucune remarque dessus, je suppose que devenir professeur de mathématiques au Japon est loin d’être irréalisable tant qu’on a les diplômes (et la motivation, accessoirement) qui suivent =p

        Voilà, encore merci beaucoup ! : D

      2. “Le cursus accéléré, c’est pas simplement entrer en master ou autre, mais c’est d’en plus pouvoir faire la licence de 0, mais en 2 ans seulement au lieu de 4, c’est ça ? Avec des cours adaptés et tout”
        Si tu entres en master, c le cursus de 6 ans en 2 (licence spécialisée obtenue à la fin). Si tu entres en 3ème année, c’est 4 ans faits en 2 seulement (pour juste la licence d’enseignement de base).

        Je sais pas trop si c’est cette bourse du Rotary car j’ai postulé alors que j’étais sur place. C’était une bourse à environ 1200 euros par mois (14 man).

        Devenir prof de math, oui, c pas irréalisable, mais il faut être capable d’enseigner les maths en japonais…. Et si tu peux enseigner les maths en anglais, alors là tu boostes ton CV à un point je te dis même pas…

  4. Perso Nemuyoake, je ne serais pas aussi positif. Peut-être que certains lycées qui enseignent tout en anglais pourraient être intéressés, effectivement, mais sinon le problème d’un tel profil, c’est qu’il n’a absolument rien à mettre en valeur.
    Toi dans ton cas tu as deux énormes avantages par rapport à un professeur japonais dans cette matière : un bien meilleur niveau dans la langue anglaise que la grande majorité des profs, et tu représentes une ouverture sur l’étranger de par ta nationalité française. Cela permet aux élèves japonais d’entrer en contact avec l’occident, ce qui représente un avantage certain pour eux. Et ça parle beaucoup aux recruteurs japonais. Je sais que je ne t’apprends rien vu qu’on en a parlé de toute façon, mais je rappelle ça pour Aisaku.
    Le problème dans son cas, c’est qu’en tant que prof de maths, ces deux atouts disparaissent, et laissent la place à un (très très gros) handicap : son niveau en japonais serait jugé comme trop faible pour enseigner les maths par rapport aux autres profs.

    Bref, Aisaku, pose toi la question “pourquoi les maths?”. Si la réponse est “parce que je ne suis pas très bon (bonne?) en anglais”, ou encore “parce qu’il y a trop de concurrence en anglais”, tu fais fausse route. On ne s’engage pas dans un projet de 10 ans par défaut, parce qu’un autre nous convient moins.
    Réfléchis bien à pourquoi tu veux faire ça, et quels atouts tu peux réellement apporter.

    Dans tous les cas, sois bien conscient que si tu veux malgré tout réaliser ce projet, un bon niveau ne sera pas suffisant. Tu devras toujours être à la première place. A moins de parier sur un gros coup de bol.
    Bon courage malgré tout.

    (Désolé Nemuyoake, je me permets de lancer un “débat” dans la section commentaires, mais je pense qu’un avis supplémentaire pour un projet de cette ampleur n’est pas de trop)

    1. Tu mets le doigt sur un point assez important et sur lequel j’avais déjà réfléchis un peu (sans pour autant trouver de réponse) : un professeur japonais sera tout aussi capable, voire même plus, d’enseigner la matière que moi. Quelle serait donc la raison de me choisir ?

      Le pourquoi du comment j’ai choisi les mathématiques est assez simple : c’est la matière dans laquelle j’ai le mieux réussi au cours de ma scolarité, et qui me plait le plus. J’ai lu le post sur quoi vouloir enseigner entre français et anglais au Japon, et je pense que c’est aussi valable ici. Même avec une grande motivation, je ne risquerai pas de me lancer dans un projet qui a très peu de chances de succès malgré de très bon résultats.

      Même si mon niveau d’anglais a chuté depuis que j’ai commencé mes études en japonais (bizarre bizarre =p), je n’ai jamais eu de problème vis-à-vis de cette langue, donc cette voie m’est encore ouverte. Il faudra juste que je “自己反省” un moment avant de me lancer oui ou non dans cette grande aventure. Et c’est pour cela que je me suis arrivé ici !

      PS : bon* ^^

      1. Donc si tu ne veux pas te lancer dans un projet qui a peu de chances de se réaliser (mais qui est réalisable à mon sens, mais pour moi tant que c’est pas zéro de chance, c’est réalisable), il vaut mieux ne pas se lancer effectivement. si tu te lances, c’est quitte ou double : personne ne l’a fait avant toi (pour les maths), donc tu dois ouvrir la voie. Soit tu prends le risque d’échouer, soit tu ne veux prendre aucun risque et ds ce cas, il vaut mieux abandonner l’idée.

      2. J’ai oublié un point : pourquoi tu veux enseigner ? Si c’est pour enseigner ta matière préférée, n’oublie pas que le premier boulot des profs jp, c d’être des éducateurs. La charge sera plus ou moins importante selon les lycées.

      3. Concernant cette question, j’ai pas trop de soucis à me faire ^^
        J’ai lu tes deux posts sur le Seito Shidou par exemple, et ça me plait à 100% (je n’ai bien-sûr pas d’expérience, mais j’aime le principe). Je n’ai jamais eu l’idée de faire professeur en France, et c’est cet aspect de l’enseignement japonais qui m’attire particulièrement. C’est aussi pour ça que, malgré mon projet orienté mathématiques, il n’est pas fixe et j’en suis qu’à la phase de “mise en forme” si je puis dire. Donc s’il faut que je m’oriente vers un autre domaine d’enseignement et que cela ne me déplait pas, je le ferai.

        Concernant le fait que ce soit réalisable ou pas, le seul fait de savoir que les chances existent (quand bien même elles sont faibles, elles ne sont pas minimes, n’est-ce pas ? ^^) me suffit ^^
        Il faudrait par contre que je prépare un plan B au cas où.

      4. lol Je sais pas trop quelle différence tu fais entre “faible” et “minime”… J’ai pris la décision de me lancer en estimant mes chances à moins de 5% si ça peut te donner une idée. Disons que je préférais échouer que de regretter toute ma vie de ne pas avoir tenté le coup. Il faut voir si c’est vraiment important pour toi ou non. Tout dépend de tes rêves/objectifs de vie.

      5. Au moins c’est cool de voir que tu as un certain recul ^^
        Je suis assez d’accord avec Nemuyoake sur la logique du “tant que ce n’est pas strictement impossible, c’est réalisable”. On a tous les deux pris des risques dans nos parcours respectifs, et on a tous les deux obtenu ce qu’on voulait, donc on serait hypocrites si on cherchait à décourager toute personne sortant des sentiers battus.
        Maintenant, tu dis “les profs japonais seront peut-être aussi bons que moi, voire meilleurs”.
        Ce n’est pas du conditionnel. Ils seront indiscutablement meilleurs. Quand on débute dans la langue (et par débuter je couvre tout le niveau de licence), on a encore du mal je pense à cerner les difficultés à haut niveau. Mais le japonais, c’est juste une horreur pour tout ce qui est explicatif. Parler, c’est facile. Par contre, quand tu dois expliquer quelque chose, de compliqué en outre, on change vraiment de dimension. Et je pense que Nemuyoake pourra le confirmer, quand un élève lui demande de développer un point de grammaire précis en japonais.
        J’insiste là-dessus pour que tu prennes conscience de la difficulté que représente l’enseignement d’une matière technique en japonais. Ce n’est pas quelque chose qu’on devient capable de faire en bossant normalement. A l’université j’étais major, j’ai fait près de 2 ans d’études au Japon, et là ça fait plus de 2 ans que j’y bosse. Et je sais que je n’aurais pas le niveau pour enseigner correctement un sujet aussi technique à des lycéens. Par contre j’aurais le niveau pour faire croire que j’en suis capable à mon recruteur. Parce que je gère suffisamment à l’oral en discussion. Pour te montrer un peu la différence.

        Ça c’est pour la difficulté de la discipline.
        Sinon Nemuyoake, ton proviseur n’a pas vraiment ajouté d’autres éléments, même s’il a précisé qu’il trouvait ça bien que certains lycées s’ouvrent à l’étranger, et que les profils tels que les nôtres l’impressionnaient vraiment (尊敬 je crois, pour être exact), ce qui rejoint ce que tu dis.
        Mais ça mis à part, dans la recherche de boulot, se vendre est une condition absolue. Et pour les maths, je ne vois pas un seul avantage. Certes, en tant que Français, tu fais offices de “vitrine”, mais ils vont indéniablement se demander “pourquoi un étranger pour des maths?”. Pourquoi ne pas prendre plutôt un ALT, qui sera moins cher, plus flexible, et qui collera mieux à son job? Dans un lycée où il n’y a qu’une seule personne prenant les décisions, ça peut passer sur un malentendu. Mais sinon, tu auras forcément quelqu’un pour dire “attendez, mais si on veut un étranger, pourquoi on ne prend pas un prof d’anglais?”. Surtout que tu auras sûrement les profs de maths derrière qui vont faire un petit blocus (car ce sera lui qui les remplacera quand ils seront absents). Et le complexe du Gaijin ne jouera pas (=”Les gaijin sont meilleurs que nous”)

        Bref, mon conseil serait de partir avec 2 projets qui se recoupent. Par exemple, “enseigner à la fac” et “enseigner au lycée”. Tu vises le lycée si c’est possible, mais si ça foire, tu gardes des portes ouvertes pour la fac. Et si ça foire aussi, tu peux toujours travailler en entreprise (tu auras le niveau pour). Ca c’est un projet réaliste, avec plusieurs objectifs possibles, certains plus que d’autres.

      6. Merci pour tous vos retours, ça donne de quoi réfléchir.

        Je pensais que la langue justement n’allait pas être un si gros problème que ça, surtout après 2 ans minimum d’études dans le domaine. A ce que je vois, j’étais naïf ^^’
        Ca mérite que je m’y pose un certain moment, et de toute façon, je ne pourrais rien envisager de concret tant que mes partiels de janvier ne seront pas passés, donc cela se fera à ce moment !

        (Pour les proba, dans ma tête, c’était : faibles = 5~10%, minimes = – de 1% x) )

      7. Ah oui, d’accord. Si tu pensais qu’avec seulement 2 ans d’études dans le domaine, ça allait être suffisant pr bien enseigner les maths, c’est sûr qu’on a bien fait d’avoir cette conversation à 3. Les 2 ans vont te donner la licence, mais tu seras handicapé pour le japonais, que ce soit pour enseigner ou bien faire le travail administratif. D’un autre côté, si tu n’enseignes pas en japonais les maths, tu ne feras pas de progrès non plus.

        On m’a dit que tous les profs avaient besoin d’au moins 5 ans pour commencer à à peu près enseigner correctement. Japonpoko va encore me trouver trop positive mais il suffit qu’un lycée te donne ta chance pour que tu prouves que tu peux y arriver. Moi, on m’a déjà parlé officieusement : je serai très probablement engagée définitivement l’année prochaine (sauf évènement majeur). Les élèves ont fait des progrès, et même si mes méthodes sont discutables pour un Japonais car trop spartiates et ça les élèves ne sont pas habitués, ils estiment apparemment que je fais correctement mon travail.

        N’oublie pas l’anglais : un prof de math japonais ne peut pas enseigner en anglais. Si tu le peux ça te fera un énorme atout lors de ton recrutement.

      8. “Et je pense que Nemuyoake pourra le confirmer, quand un élève lui demande de développer un point de grammaire précis en japonais.” Pour la grammaire de 3ème année, c’est clair, stt que j’ai appris la grammaire en lisant, donc naturellement, dc je n’ai aucune idée du pourquoi de la règle.
        “Mais ça mis à part, dans la recherche de boulot, se vendre est une condition absolue. Et pour les maths, je ne vois pas un seul avantage. Certes, en tant que Français, tu fais offices de “vitrine”, mais ils vont indéniablement se demander “pourquoi un étranger pour des maths?”. Pourquoi ne pas prendre plutôt un ALT, qui sera moins cher, plus flexible, et qui collera mieux à son job? Dans un lycée où il n’y a qu’une seule personne prenant les décisions, ça peut passer sur un malentendu. Mais sinon, tu auras forcément quelqu’un pour dire “attendez, mais si on veut un étranger, pourquoi on ne prend pas un prof d’anglais?”. Surtout que tu auras sûrement les profs de maths derrière qui vont faire un petit blocus (car ce sera lui qui les remplacera quand ils seront absents). Et le complexe du Gaijin ne jouera pas (=”Les gaijin sont meilleurs que nous”)”

        Pas d’accord. S’il trouve un emploi où les collègues se plaignent comme ça, il faut qu’il en change. Je persiste et signe : s’il peut enseigner les maths en anglais, il y a bcp de lycées qui le voudront. Un ALT ne reste que pour ses heures et se barre ensuite. Notre ALT est Américain et a une licence d’enseignement aussi. Malgré cela ils ont réduit ses heures pour me créer un poste et me recruter moi, une française pr enseigner l’anglais alors qu’ils avaient un ALT natif sous la main. En tant que membre du personnel, je reste toute la journée pour le même salaire, je coache les élèves etc. Tu dis qu’ils préfèreront un prof d’anglais. C’est tout à fait vrai sauf… que des natifs avec des licences d’enseignement sont extrêmement rares. Pas de compétition avec des profs d’anglais qui viennent frapper aux portes donc la place du gaijin de service est libre. Et c’est là où les gens doivent faire un choix : où ils attendent le gaijin de service pr enseigner l’anglais (qui ne viendra peut-être pas) où alors ils mettent la main sur le gaijin de service devant eux (en maths, certes, mais pouvant enseigner les maths en anglais comme atout) et se vanter de se “globaliser” auprès de leurs clients. Ou ils prennent le risque de le laisser filer et qu’un autre lycée des environs le récupère. Les gens intelligents feront le bon choix.

      9. Aisaku : J’avais le sentiment qu’il y avait une inconnue dans l’équation, et que c’était le niveau nécessaire pour enseigner : c’était bien ça.
        Comme l’a dit Nemuyoake, si tu penses qu’aller étudier 2 ans au Japon te permettra d’obtenir ce niveau, tu vas te prendre un mur bien solide.
        Personnellement j’ai fait 2 filières différentes, droit et japonais, le japonais ayant été ma filière secondaire (j’ai sauté les 2 premières années, me suis arrêté durant le M2). Ce qui m’a vraiment marqué chez les étudiants en japonais, c’est que la plupart sont persuadés qu’aller en cours et “faire ses devoirs” suffit pour obtenir un bon niveau, que si on passe d’une année à l’autre, à la fin, on aura un très bon niveau. Malheureusement, les langues ça ne marche pas comme ça. Certains parviennent à obtenir leur M2 mais font toujours un nombre impressionnant de fautes. Pour être honnête, aujourd’hui, quelqu’un me dit “j’ai un M2 en japonais donc j’ai une très bonne maîtrise de la langue”, je ne le crois même plus. Je le croirai s’il me dit qu’il a bossé en autodidacte à côté en revanche, parce qu’au final c’est ça qui fait la différence.
        Si ton objectif est d’aller travailler au Japon, que ce soit pour enseigner ou autre chose, et que tu veux faire plus que jouer un coup de poker, il va falloir bosser quotidiennement tout seul, sans jamais se préoccuper des examens. En gros, idéalement, tu dois déjà connaître tout ce que tu vois en cours, les cours te permettant alors de réviser. Sans atteindre ce niveau, tu vas galérer si tu veux terminer dans les meilleurs.

        Nemuyoake : Pour les ALT il faut croire que je me trompais, je pensais que ça donnait également un certain “prestige” aux lycées, mais vu qu’ils ne viennent que pour quelques heures, je suppose que ça ne marche pas vraiment. Par contre ton collègue ALT a une licence d’enseignement? Japonaise? Le mec s’est fait chier à l’obtenir pour finalement choisir de faire ALT?
        On est complètement d’accord pour l’absence de concurrence du fait que les Américains ne vont pas passer la licence.
        Après, je pense que tu as raison concernant le “c’est mieux que rien” (même si c’est un prof de maths, ça reste mieux que de ne pas avoir du tout de prof occidental), mais je continue de penser que l’inquiétude liée à la qualité de l’enseignement sera au final trop forte. Dans un lycée qui n’est pas 進学, peut-être. Mais dans un lycée où les parents attendent de leurs enfants qu’ils réussissent leurs concours, je ne suis pas sûr que ça passe. Là où en anglais, l’étranger bénéficie d’une “présomption de supériorité”. Donc au final, on parle de lycées ayant un niveau pas trop élevé, et qui ressentiront la pression de recruter un étranger avant qu’il ne soit pris ailleurs malgré l’absence d’un besoin d’enseigner les maths dans ces conditions. Ca fait beaucoup de conditions quand on sait qu’il devra jusque là obtenir un niveau excellent pour se vendre efficacement.
        Bon, débattre de tout ça m’a motivé à me remettre à mes recherches d’universités. J’ai les brochures, maintenant je dois juste tout me farcir pour voir quels documents joindre. Ca va être chouette l’année prochaine, gérer le boulot en entreprise et la licence par correspondance 😀

      10. ” Pour les ALT il faut croire que je me trompais, je pensais que ça donnait également un certain “prestige” aux lycées, mais vu qu’ils ne viennent que pour quelques heures, je suppose que ça ne marche pas vraiment. Par contre ton collègue ALT a une licence d’enseignement? Japonaise? Le mec s’est fait chier à l’obtenir pour finalement choisir de faire ALT?”

        oui, une jp. Le mec a choisi (?) ALT car il a déjà sa propre boîte de juku ds la ville. Je pense qu’il doit préférer etre son patron car il est obligé d’aller ds plrs villes pr complémenter ses revenus. Je ne sais pas si on lui a proposé un temps plein. En tt cas, la licence lui permet d’enseigner seul et pas en tant qu’assistant.

        “Dans un lycée qui n’est pas 進学, peut-être.Mais dans un lycée où les parents attendent de leurs enfants qu’ils réussissent leurs concours, je ne suis pas sûr que ça passe. Donc au final, on parle de lycées ayant un niveau pas trop élevé, et qui ressentiront la pression de recruter un étranger avant qu’il ne soit pris ailleurs malgré l’absence d’un besoin d’enseigner les maths dans ces conditions. Ca fait beaucoup de conditions quand on sait qu’il devra jusque là obtenir un niveau excellent pour se vendre efficacement.”

        Les lycées privées ont des sections shingaku et autres (pro/cuisine etc). Ca dépend aussi dans quel genre de lycée on veut enseigner : si on ne veut enseigner qu’à la crème des étudiants il faut aussi avoir le niveau qui va avec, en jp et maths + pédagogie et assurer le succès des élèves derrière. Je pense qu’il y a des lycées privés entièrement d’élite dans les grandes villes, mais viser ce genre d’établissement avec les handicaps qui sont les notres, c’est quand même avoir les yeux plus gros que le ventre. Ce n’est que mon avis.

      11. Plus qu’avoir le niveau pour enseigner, je parlais vraiment que de la maîtrise de la langue, mais finalement, ça a l’air de conduire au même problème.
        Même avec un diplôme derrière, la faculté à enseigner se fait sur le tas. Tu as beau avoir bossé la théorie à fond, rien de vaut la pratique. A défaut d’être débutant dans l’enseignement, je pensais qu’avoir 2/3 ans sur place, à baigner dans la matière en japonais, ça allait suffire pour acquérir une certaine aisance à l’oral vis-à-vis de cette matière. Ca n’a pas trop l’air d’être le cas visiblement ^^’

        Concernant l’enseignement du japonais à l’université, ba… je ne peux être que d’accord avec toi. Je m’en suis rendu compte assez rapidement (début/milieu de L2) que si je voulais réellement progresser, c’était pas avec mon petit fascicule et quelques cours dans la semaine dans une classe à 40+ que ça allait se faire. Donc j’essaie de progresser à ma façon (avec notamment beaucoup de lecture), mais à quel point… ce n’est pas le JLPT qui me donnera un aperçu objectif de mes compétences en tout cas x)

    2. Pas de souci pour le débat. Moi je pense que c’est réalisable si la personne parle bien japonais et peut aussi enseigner en anglais. Tout simplement car il y a une forte compétition entre les écoles et qu’un point important à prendre en considération est qu’avoir un gaijin présent en permanence dans le staff est un atout pour l’image. Bcp d’écoles cherchent “leur” gaijin pour se démarquer des autres. Après, je sais pas quel genre de conversation tu as eu avec mon proviseur pendant que j’étais pas là. Il t’a donné un autre son de cloche ? Il reste très prudent sur le sujet en général.

    3. Il y a un autre truc que je dois préciser par contre : qd je dis que c’est réalisable, c’est que les chances sont faibles mais pas nulles. Il faut avoir un plan B et pas tout miser dessus.

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