Trouver un stage au Japon

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La première chose à savoir, c’est que les Japonais ne font pas la différence entre ‘’stage d’observation’’, ‘’stage pratique’’, ‘’stage de pratique encadrée/accompagnée’’ etc pour les profs. Y’a que les Français pour inventer tout un tas de dénominations redondantes, histoire de manifester à quel point ils se sont creusé la tête pour inventer un nouveau concept qui n’a de nouveau que le nom. Donc, un stage de prof au Japon (un ‘’teacher training’’), c’est un 実習 (じっしゅう、 jisshuu). C’est le mot à employer lorsque l’on fait sa demande de stage. Car oui, la demande de stage doit être faite en JAPONAIS.

 

Il y a deux points essentiels à connaître pour pouvoir essayer de faire son trou au Japon (et même pour faire un simple stage, oui) : la première, c’est qu’il faut savoir parler ET écrire japonais. On ne vous demandera pas d’être bilingue, mais il est nécessaire de savoir tenir une conversation, et pas seulement sur la pluie et le beau temps. Pour faire clair, on ne vous demandera pas de savoir expliquer le système immunitaire en japonais (sauf si vous voulez être prof de bio et faire un jisshuu en conséquence) mais on vous demandera d’être capable de passer un entretien en japonais, dire qui vous êtes, pourquoi vous êtes au Japon, pourquoi vouloir faire un jisshuu dans une école japonaise, expliciter les différences entre les deux systèmes d’enseignement etc… (et plus tard lors d’un entretien d’embauche d’être capable d’expliciter votre vision de l’enseignement, votre pédagogie, les projets que vous envisagez de mener etc…) Et on vous demandera de pouvoir écrire votre CV (履歴書、りれきしょ、rirekisho) et une lettre de présentation (自己紹介文、じこしょうかいぶん、jikoshôkaibun) en japonais. Autrement dit, il vous faut le Niveau 2 minimum du test de compétence en japonais (nihongo nôryoku shiken), sachant que le N5 est le plus faible, ça vous donne une idée.

 

Le deuxième point, c’est que les Japonais flippent grave quand ils ne connaissent pas les gens. Ils ne savent pas si vous allez pouvoir vous intégrer dans l’équipe (oui, même pour un stage), ne savent pas si vous allez être capable de communiquer avec les autres profs (qui ne maîtrisent généralement pas l’anglais), ne savent pas si vous n’êtes pas un psychopathe tueur d’enfants venu de l’étranger… Donc dans le doute, ils ne vous répondent pas. Ballot, non ? Donc, ce deuxième point à savoir, c’est que sans piston, point de salut. C’est un peu exagéré, peut-être qu’on peut trouver sans piston, si on arrive à tomber sur un directeur prêt à tenter l’aventure (oui, pour eux c’est toute une aventure de permettre à un étranger inconnu d’être en contact avec les mômes dont ils sont censés avoir la responsabilité), mais c’est une constante du système japonais : le piston à tous les étages. C’est d’ailleurs la première chose que mes amis japonais m’ont dite lorsque je les ai informés de mon choix d’essayer de faire mon trou au Japon : travaille ton 人脈 (jinmyaku), ton réseau de relations, aussi appelé コネ (koné, de l’anglais ‘’personal connection’’). Et ce n’est pas parce que vous allez être pistonné que vous allez pouvoir vous dispenser des différents entretiens que vos interlocuteurs estimeront nécessaires avant d’avoir une réponse positive quant à la possibilité de faire un stage au sein de leur école. Ce n’est qu’une expérience personnelle, elle n’a pas de valeur universelle, mais ça a été mon cas.

 

Je vous raconterai ça la prochaine fois.

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